incendieluofu200

Sud-Lubero : Le HCR installe des FDLR comme retournés du Rwanda

Facebooktwitterredditpinterestlinkedinmail

Pendant que la classe politique congolaise est distraite par la révision constitutionnelle, la mise en place de la CENI et les hypothétiques prochaines élections de 2011, l’occupation rwandaise de la Province du Nord-Kivu poursuit son bonhomme de chemin. Les ONG onusiennes n’ont pas fini de surprendre les congolais. Le HCR et le PNUD installent des contingents rwandais au Sud du territoire de Lubero en province du Nord-Kivu, notamment à Luofu. Parmi ces rwandais installés, la population de Luofu a reconnu des officiers FDLR qui avaient endeuillé la région entre 2004 et 2008 en l’occurrence RUTWE BAGARE et SEBASORE

incendieluofu200

                        Une maison incendiée à Luofu en 2009.

Le triste constat est que les villages qui ont été plusieurs fois incendiés correspondent aux lieux d’accueil des retournés du Rwanda tels que établis par le HCR/PNUD. Les mêmes villages correspondent aux endroits de bornage de la zone pétrolière dite Graben Albertine. C’est le cas de Luofu, Alimbongo, Mbughavinywa, Muramba, etc. Autrement dit, les incendies des villages n’étaient pas (ou ne sont pas) un fait du hasard mais un fait faisant partie intégrante du plan d’occupation du Nord-Kivu. Les premiers contingents des occupants démontrent que les FDLR qui étaient soupçonnés comme auteurs des incendies des maisons font partie du plan d’occupation, ils sont bénéficiaires de crimes qu’ils ont commis au Nord-Kivu. Les autochtones distinguaient déjà entre Faux FDLR et vrais FDLR. Kiwanja, la cité martyre du Territoire de Rutshuru où plusieurs massacres des congolais ont eu lieu sera le Quartier Général de la Compagnie pétrolière du Graben Albertine. Comme on le disait déjà, tous les crimes commis contre les populations congolaises avaient comme but de les faire fuir de lieux d’accueil des retournés. Comme ils ont résisté, le risque d’affrontement entre autochtones et retournés est grand.

Ailleurs au Nord-Kivu, on assiste à une permutation des troupes issues du CNDP, une opération qui selon les Fardc congolais favoriserait l’injection d’autres troupes en provenance du Rwanda au sein des Fardc. C’est le cas de Mubambiro/Sake et de Rughenda/Butembo. 

L’actualité de l’Est de la R.D.C est ainsi dominée en ce moment par cette poursuite de l’infiltration rwandaise au Nord-Kivu. L’infiltration du Sud-Kivu et du Nord-Katanga qui se fera à partir de la Tanzanie, est prévue au mois de mars 2011. 

Selon les observateurs, le projet actuel de la communauté internationale qui soutient la balkanisation de la RDC, c’est bien la finalisation de l’infiltration rwandaise. La réalisation de ce projet expliquerait ainsi pourquoi la CENI tarde à se mettre en place. La CEI doit finir son sale boulot d’enrôler les rwandais comme des congolais, leur donner des cartes d’électeurs avant de laisser la place à la CENI. La crainte serait que les opposants membres de la CENI ne mettent la main sur le pot aux roses qu’est la « congolisation » des rwandais pour faire échouer le projet. Tout est fait pour retarder l’avènement de la CENI qui n’aura plus comme rôle que d’exécuter un plan pourri de l’intérieur concocté par la CEI. L’heure est donc grave pour la R.D.C. Pour plusieurs observateurs, les élections dont on parle beaucoup à Kinshasa sont une possibilité de second plan pour les balkanisateurs de la RDC. Ce qui compte pour les balkanisateurs, c’est l’infiltration rwandaise dans les provinces de l’Est de la RDC pour préparer la base de l’autonomisation de cette partie du pays suivant le modèle du Kosovo et du Soudan. 

Le cas des premiers contingents rwandais arrivés à Luofu, en chefferie des Bamate, Territoire de Lubero, au cours du mois de janvier révèle que la communauté internationale est déterminée à finaliser l’infiltration rwandaise de la RDC. On a vu arriver à Luofu des rwandais dans des camions FUSOO avec tentes, nourriture, et autres bagages non encore ouverts pour savoir ce qu’ils contiennent. Les camions FUSO utilisés dans cette opération d’occupation du Sud de Lubero étaient sans plaque d’immatriculation.

–          Le premier contingent composé de 102 personnes est arrivé au bureau de poste de Luofu le 19 janvier 2011.

–          Le deuxième contingent composé de 17 familles est arrivé au bureau de poste de Luofu le 20 janvier 2011.

–          Le troisième contingent composé de 15 familles est arrivé au bureau de poste de Luofu le 26 janvier 2011.

Au total, on compte plus de 200 occupants rwandais dans la localité de Luofu. Parmi ces premiers occupants on trouve des Tutsi, Hutu, jeunes, adultes, vieux, hommes et femmes, etc.

   Officiellement, ils viennent de Masisi. Mais les plus jeunes d’entre eux qui ont fait un premier pas vers les jeunes de Luofu ont dit qu’ils viennent du Rwanda. La vérité est dans la bouche des enfants.

Quand les habitants de Luofu ont été conviés par des agents du HCR/PNUD pour identifier les visiteurs que ces ONG présentent toujours contre l’avis des congolais comme refugiés retournant du Rwanda, ils n’ont trouvé que deux familles qui dans le temps avaient acheté des terres aux chefs coutumiers locaux. Lors de la guerre dite Magrivi, ces deux familles vassales (vasoki en Kinande) avaient vendu leurs terres avant de partir au Rwanda. Selon le droit coutumier, ces deux familles avaient perdu leurs droits d’usage de la terre qui, chez les Nande est une propriété coutumière. 

Une autre fait étonnant qui fait parler de lui partout au Sud de Lubero, c’est la découverte parmi ces soi-disant retournés de deux officiers FDLR qui endeuillaient le Sud de Lubero, notamment les localités de BUSEREKA, RUSAMAMBU, MIRIKI, BUKOMERWA vers les années 2004-2008. Ces deux officiers FDLR sont : RUTWE BAGARE et SEBASORE.

Cette découverte des FDLR parmi les retournés du Rwanda a failli mettre la poudre au feu dans ce coin du Nord-Kivu où la population n’est pas d’accord avec toute l’opération dite « retour des refugiés congolais ». Il a fallu l’intervention du chef coutumier, Mwami Mukosasenge Muhindo Alexandre XII, pour calmer la population. Selon Mwami Mukosasenge, maintenant que l’identification de ceux qui ont une fois été à Luofu est faite, il faut attendre la délibération de l’hiérarchie pour savoir quelle suite réservée aux autres. La population n’a pas su de quelle hiérarchie Mwami Mukosasenge parlait car tous les trois premiers contingents n’ont pas de laissez-passer du gouvernorat de la Province du Nord-Kivu. Leur arrivée clandestine à Luofu est l’œuvre des seules ONG onusiennes. Si l’on en croit les jeunes, les retournés seraient venus directement du Rwanda, ou du Rwanda via Masisi, jusqu’à Luofu, sans l’implication du Gouvernement provincial. C’est ainsi que les habitants de Luofu exigent la présence des autorités provinciales du Nord-Kivu pour débattre de conséquences de la présence des rwandais dans leur milieu. Le gouvernement provincial peut-il permettre l’installation de plus de 200 rwandais dans une localité déjà surpeuplée comme Luofu ? Si tel est le cas, la démonstration serait faite que l’opération en cours est tout simplement une occupation armée ou une colonie de peuplement rwandophone. La population de Luofu attend une réponse claire des autorités provinciales pour savoir sur quoi s’en tenir. 

Les habitants de Luofu observent ceux qu’ils appellent « contingents rwandais » et « retournés » selon les ONG onusiennes. Jusque-là, il n’y a pas eu d’accrochage même si le climat est tendu dans la région. Les rwandais vivent dans des tentes et des petites paillottes qu’ils se construisent eux-mêmes. Concernant la nourriture, ils sont venus avec des paquets de nourriture. Certains parmi eux ont été aperçus au marché entrain d’acheter des légumes et des articles de première nécessité. La majorité de ces premiers occupants rwandais serait faite des Adventistes du Septième Jour, si l’on en croit leur pratique religieuse depuis leur arrivée dans la région.  

La découverte des officiers FDLR dans les premiers contingents de Luofu fait dire aux autochtones que la fameuse traque des FDLR qui a été plusieurs fois l’objet des opérations militaires dites conjointes, n’étaient qu’un leurre. Quand des ONG onusiennes installent des FDLR dans une région qu’ils ont endeuillée démontre qu’il y a anguille sous roche. Pendant que la tripartite de la Région des Grands Lacs voudrait mettre hors d’état de nuire les FDLR, les ONG onusiennes les installent au Sud de Lubero au vu et au su de tous. La crédibilité de toute l’opération en souffrira pendant longtemps. 

Les observateurs soutiennent toujours que tant que l’opération dite des retournés ne tiendra pas compte des avis des communautés locales, elle accouchera d’une guerre civile sans nom, ou alors d’un génocide du peuple congolais. C’est à peine croyable que ce soient des ONG onusiennes qui conduisent une telle périlleuse opération en R.D.C ! 

Correspondance particulière de Kirumba

©Beni-Lubero Online

Facebooktwitterredditpinterestlinkedinmail

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*