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La dissolution de l’Assemblée Nationale monnoyée par l’AMP…
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Comme l’indiquait le SMS reçu par les députés de l’AMP au début de cette semaine, plusieurs députés de cette plate-forme électoraliste ont reçu de l’argent de « leur autorité morale ». Ils ont reçu un peu plus que 4 000 US$ . La somme décaissée est de 5000 US$ par tête. L’objectif poursuivi par cette corruption est que ces députés ne se présentent pas à l’ouverture de la session de l’Assemblée nationale prévue pour lundi 16 mars 2009. Kamerhe pourrait ainsi se retrouver face à une salle à plus de la moitié vide et se sentirait dans l’obligation de rendre la tablier. Que viserait l’une des autorités morales de l’AMP, Joseph Kabila ? Etendre son pouvoir, répond Marie-France Cros dans un article intitulé « Bras de fer présidence-Parlement » (Lire La Libre Belgique du 13 mars 2009 à la page 12).
 
Etendre le pouvoir n’est pas l’enjeu majeur
 
Pour Marie-France Cros, la boulimie du pouvoir joséphiste est une obsession de longue date. « Voilà longtemps que le président s’efforce d’étendre son pouvoir au-delà de ce que prévoit la Constitution, adoptée au référendum en 2005. Le chef de l’Etat a ainsi profité du manque de capacité de travail de l’ex-Premier ministre Gizenga (2007-08) pour présider à sa place les conseils des ministres; de la lenteur du Sénat à nommer le Haut conseil de la magistrature pour nommer lui-même les juges de la Cour suprême. Et puisque cela « passait », il a poursuivi, s’octroyant le bureau du président de l’Assemblée nationale, dans le bâtiment abritant celle-ci (…); obtenant du gouvernement qu’il bloque les comptes de l’Assemblée qui a besoin de fonds pour ouvrir des enquêtes parlementaires sur des sujets qui gênent l’exécutif- et les enquêtes n’ont pas encore eu lieu … » (Ibidem)
 
Etendre le pouvoir empêcherait que les cadavres sortent du placard! Pour la énième fois, la preuve est faite que ce n’est pas la personnalité de Vital Kamerhe qui est l’enjeu majeur. Celui-ci est ailleurs: le non-respect des règles du « jeu démocratique ». Etre le seul maître à bord de la navire congolaise, entouré par quelques laudateurs idolâtres de l’argent (facile), tel est le rêve de Joseph Kabila. Cela pourrait lui permettre de disposer du Congo et des Congolais à sa guise, comme des biens dont il serait l’unique maître. Comme c’est fou! La méthode est de faire le vide autour de lui en écrasant tous les éléments qu’il juge gênant. Ces actuels laudateurs y compris.
 
Qui aurait cru quelques jours après l’incarcération de Jean-Pierre Bemba que l’ AMP connaîtrait des secousses en son sein? Qui aurait cru après la publication du livre de Vital Kamerhe (Pourquoi j’ai choisi Joseph Kabila) que « le raïs » en ferait un jour son ennemi numéro un?
 
Il y a encore 15 000 US$
 
Pour échapper aux règles du jeu démocratique, la corruption est mise à contribution. Les 5 000 US$ que certains députés de l’AMP ont déjà reçus ne constituent que la première tranche de l’enveloppe qui leur est réservée. S’ils réussissent la dissolution de l’Assemblée nationale, ils toucheront 15 000 US$ en plus. Ajouter à toutes ces sommes celles dépensées pour acheter les jeeps 4X4 aux Léopards et pour leurs poches, vous comprendrez où va l’argent du Congo. Et quand malgré tout ceci les journalistes Congolais affirment que le Congo est en récession, ils débitent des contre-vérités. Depuis plus de trois décennies, le Congo est pillé de l’intérieur et de l’extérieur par des réseaux maffieux de la prédation.
 
Que gagnerez Joseph Kabila si l’Assemblé nationale est dissoute? Rien. Il ne saura même pas instaurer de manière durable sa dictature parce qu’il n’aura plus cet espace qui lui servait de caisse de résonance et donnait aux observateurs extérieurs l’impression (fausse) de la naissance d’une certaine démocratie au Congo.
 
Il aurait aussi été intéressant que les députés pétitionnaires prennent le devant et se retirent dans leurs fiefs électoraux en laissant la majorité corrompue seule aux commandes. On verrait comment elle jouerait son rôle sans contre-pouvoir.
 
Certains d’entre eux semblent avoir raison quand ils avouent qu’ils ne vont pas faire ce cadeau-là à celui qui, malgré les élections, a du mal à gouverner avec ceux qui ne pensent pas comme lui. Décidés à se battre contre le retour de la pensée unique, plusieurs de ces députés estiment qu’il ne faudrait pas réduire la question congolaise aux sautes d’humeur du jeune Joseph.
 
Nous ne le dirons jamais assez. Ce qui se passe chez nous prouve à suffisance que ces groupes de seigneurs de la guerre de l’ AMP ne peuvent pas se convertir en démocrates. Leur intérêt n’a jamais été de servir l’intérêt social congolais. Plusieurs Congolais, au Congo et dans la diaspora l’ont compris et travaillent ensemble, dans le silence, à l’avènement d’un autre Congo.
 
J-P. Mbelu
Brussels-Belgie
Beni-Lubero Online
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RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
RDC : témoignages autour d’un massacre
NOUVELOBS.COM | 20.11.2008 | 17:47
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 Dans la guerre qui ravage l’est du Congo-Kinshasa, un massacre a été commis par les rebelles le 5 novembre dernier à Kiwanjah, une bourgade située à 80 km au nord de Goma. Voici quelques témoignages recueillis sur place*.
 
Béatrice, assise dans la cour d’une voisine.
Les militaires sont venus par la route, ils ont vu une porte fermée et une autre ouverte, ils l’ont poussée et ont trouvé un papa marié. Ils lui ont dit : "Dehors, agenouilles-toi !" Il a mis les mains en l’air et a dit : "J’ai de l’argent". Ils l’ont fouillé et pris l’argent, puis ont pointé le fusil. Il a crié : "Non j’ai encore de l’argent". Il en a donné à nouveau et ils l’ont tué. Ils sont entrés dans la maison et ont trouvé mon beau-frère. Il leur a dit : "Voilà tout ce que j’ai, ne me tuez pas !". Ils l’ont tué dehors. C’étaient des militaires du CNDP (Comité national pour la défense du peuple). J’attends le retour de mon mari, il est chauffeur, pour fuir à Goma.
 
Charlotte, debout, devant la tombe de son fils.
Ils sont entrés dans la maison, ils étaient nombreux. Ils ont vu mon fils, ils lui ont dit : "Tu es un Mai-Mai (une milice tribale). Il a dit non. Ils ont tiré au front et dans les bras. Il avait 22 ans. J’ai encore 5 enfants.
 
Appoline, devant sa maison en pisé, son bébé enveloppé dans son pagne.
Ils ont forcé la porte. On leur a donné de l’argent. Ils ont demandé le téléphone. On leur a dit qu’on en n’avait pas. Ils ont tiré dans la poitrine de mon mari. Ils parlaient en Kanyarwanda et ils disaient : "c’est vous les civils qui êtes nos ennemis". A cause de ça, ils m’ont laissé veuve. Que Dieu voit ce qu’ils ont fait et se venge.
 
Joséphine
Quand le CNDP est venu ici, j’ai dit : "Pour nous c’est fini, c’est la mort". Ils ont détruit la fenêtre avec une lance. Un militaire a crié en kanyarwanda : "Sortez dehors". La population s’est cachée. Chez-moi, ils n’ont trouvé que des petits gamins, ils n’ont rien fait. Après je suis sortie et j’ai vu trois corps devant la maison de mon voisin et deux autres plus loin.
 
David
A 15 h, le mercredi 5, les Mai-Mai sont partis. Ils étaient à moitié en tenue militaire, à moitié en tenue civile. Ils avaient de la paille de bananier nouée autour de la tête. Le CNDP a commencé à démolir les portes et à faire sortir les gens et les tuer, les jeunes surtout. Moi j’allais aux champs ce jour-là. Quand j’ai entendu les coups de feu, je me suis caché dans une maison. J’étais avec deux mamans et trois petites filles. Elles m’ont prêté un pagne et un foulard. Quand les soldats ont démoli la porte, ils m’ont pris pour une fille. Ils ont demandé : "Y a des garçons ici ?" Dans la maison voisine, ils ont exécuté les deux garçons. On a entendu les garçons crier "Touna Koufa !" (nous mourons en swahili). En deux minutes, c’était fini. Ils sont entrés dans une autre maison. Ils ont demandé de l’argent à un homme. Il n’en avait pas. Ils ont demandé son téléphone. Il n’avait pas de téléphone. Alors ils l’ont exécuté.
 
Albert
Les militaires sont entrés dans la maison où j’étais. C’était vers 13 heures. Ils m’ont agressé et m’ont demandé de l’argent. Ils étaient du CNDP. J’ai expliqué que je n’en avais pas. Mon père a donné un peu de sous. Ils sont sortis. Un moment après, un autre groupe est venu, ils ont tabassé mon père. Moi, je me suis caché, ils ne m’ont pas vu. J’ai entendu les soldats crier : "Sortez des maisons ! Si vous restez, on vous tue". On a fui, on s’est réfugié devant la MONUC (Mission des nations unies pour le Congo). A la MONUC, ils n’ont rien fait. Ils sont restés derrière leur clôture. Ils n’ont pas ouvert la porte. Des gens ont essayé d’entrer dans la base, ils ont tapé à la porte, mais on ne leur a pas ouvert.
Recueilli par Christophe Boltanski
 
*Les prénoms ont été modifiés
 
 
Article Mis à ligne par Beni-Lubero Online
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