Un chef coutumier accusé de sorcellerie est battu à mort par des agriculteurs

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Du 12 au 13 mai 2006, l’ONG dénommée PDI (Programme de Développement Intégral) a effectué une descente de travail dans les groupements de Basongora et de Malambo pour résoudre des conflits qui opposent les chefs coutumiers aux agriculteurs encadrés par eux. A la base de ces conflits, la sécheresse ardente qui détruit les cultures issues des semences distribuées par le PDI. Les agriculteurs accusent les chefs coutumiers d’être des sorciers à la base de la sécheresse qui sévit dans la région.

.Dans le groupement de Basongora, 4 chefs coutumiers sont accusés de sorcellerie par les agriculteurs qui leur reprochent d’empêcher à la pluie de pleuvoir et au soleil de se lever quand les plantes en ont besoin. Pour sécuriser ces chefs coutumiers devant des agriculteurs en colère, la police de la localité de Basongora qui ne comprenait pas grand chose de ce bras de fer aux contours métaphysiques, avait jugé bon de soustraire ces 4 chefs coutumiers de la foule en ébullition en les mettant en prison.

.Dans le groupement voisin de Malambo confronté au même drame, huit agriculteurs o avaient choisi de se faire justice en battant à mort leur chef coutumier accusé de posséder des talismans maléfiques qui empêchent à la pluie de pleuvoir même quand les précipitations sont bonnes dans cette région au pied du Mont Ruwenzori.

.Interrogés par la Police locale sur la véracité des motifs d’accusation qui pèsent contre eux, les chefs coutumiers emprisonnés ont avoués d’être à la base de la sécheresse parce que les agriculteurs qui exploitent les terres des ancêtres ne s’acquittent plus de leurs obligations envers les propriétaires terriens selon la coutume. D’après les chefs coutumiers, les ancestres sont fâchés car plus de sacrifices pour les apaiser. De leur côté, les agriculteurs sur qui repose l’économie de la région se plaignent des mauvaises récoltes, des tracasseries des groupes armés et des militaires qui de fois coupent les chemins vers les champs quand ils ne détruisent pas sauvagement les récoltes.

.Ces conflits qui ont comme conséquence la famine et la malnutrition dans cette partie de la Collectivité du Ruwenzori démontrent à quel niveau de développement se trouve la majorité de la population beniluberoise. Le PDI a donc du pain sur la planche pour éduquer la population dans son ensemble aux techniques de développement telles les méthodes d’agriculture, l’usage des engrais, les dangers de la déforestation ou déboisement, etc. Le role du PDI c’est d’expliquer que la famine et le malnutrition ne sont pas provoquées par la sorcellerie mais par des conditions atmosphériques défavorables à l’agriculture ou par manque d’usage des méthodes et techniques agricoles appropriées. Dans son souci de contribuer à l’assainissement de relations entre les chefs coutumiers et les agriculteurs, le PDI a fait libérer les prisonniers inculpés par le tribunal du village et se prépare à lancer une grande campagne de sensibilisation sur les techniques agricoles à même d’accroître la production agricole et de résoudre tant soi peu le problème de la famine et de la malnutrition dans ce coin du Congo qui a souffert depuis les années 1980 de la présence des groupes armés, notamment les rebelles de Mumbiri, les Kasindiens, les Nalu, les ADF, les soldats ougandais de l’UPDF, etc. L’aide des organismes internationaux soucieux d’aider à la reconstruction du Congo n’arrive pas souvent dans les petits villages reculés comme Malambo, Basongora, Lubiriha, Kasindi, etc… Le PDI lance un appel d’aide pour poursuivre cette sensibilisation de la base aux méthodes et techniques agricoles.

. Esther SOKI

Secrétaire Générale du PDI

Beni

.Beni-Lubero Online

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