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Le bras de fer Kabila-Kamerhe a connu un début de dénouement lundi 16 mars à l’occasion de la rentrée parlementaire. Comme il fallait s’y attendre, les députés étiquetés AMP – estimés à plus ou moins 260 – étaient absents à l’appel. Et ce, conformément au mot d’ordre de boycott lancé dans la déclaration politique publiée la veille par l’Alliance de la majorité présidentielle.
 
Une déclaration, comble d’ironie, lue par le député RCD K/ML Ernest Kyaviro. Moins d’une semaine auparavant, le même Kyaviro se disait «surpris» par la décision prise par l’AMP de faire démissionner les membres du Bureau de la Chambre basse. «Nous n’avons pas été informés de cette décision. Notre parti est pourtant membre de l’AMP. Nous dénonçons cette façon de procéder», déclarait-il à Radio Okapi. Il y a de quoi éprouver de la nausée face à un tel personnel politique.
 
Le parti lumumbiste unifié (Palu) qui mettait un point d’honneur à souligner qu’il n’est pas membre mais un «partenaire» de l’AMP n’a pas non plus autorisé ses parlementaires à se rendre à l’hémicycle du Palais du peuple. L’autre partenaire, en l’occurrence l’Udemo (Union des démocrates mobutistes) de François-Joseph Nzanga Mobutu, a fait un moment mine de défendre les valeurs avant de se plier à «la dynamique du groupe». Le député Egide Ngokoso, 2ème rapporteur adjoint, était introuvable aux côtés du président Vital Kamerhe.
 
Peut-on parler de partenariat en l’absence d’égalité entre les parties ?
 
Plusieurs enseignements peuvent être tirés de la journée de lundi 16 mars en ce qui concerne notamment les "absences" au Palais du peuple.
 
Premier enseignement
 
La confirmation est ainsi faite que l’Alliance de la majorité présidentielle n’a jamais été qu’une «armée» de politiciens mus non pas par le "service public" mais par les intérêts d’une oligarchie affairiste et maffieuse. Cette armée est commandée par un seul "général" : Joseph Kabila. Tous les autres alliés ou partenaires n’ont jamais été que des «caporaux».
 
Deuxième enseignement
 
Le PPRD qui est la principale composante de l’AMP vient de démontrer qu’il fonctionne comme un parti stalinien. La «discipline du parti» et l’unanimisme tiennent lieu de lois. Toute forme de contradiction doit être écrasée. L’arrestation des militants des droits de l’homme témoigne de la brutalité et de la tendance fascisante du pouvoir kabiliste. En se soumettant à l’injonction de «l’autorité morale» de l’AMP, Antoine Gizenga du Palu et Nzanga Mobutu de l’Udemo ont perdu le semblant de "souveraineté " qu’ils pouvaient revendiquer. Ils ont scellé un lien de subordination entre eux et le «raïs». Ils doivent se préparer à subir un jour la rigueur de la "discipline”.
 
Troisième enseignement
 
En brillant par son absence à une manifestation républicaine, le Premier ministre Adolphe Muzito a réussi à brouiller gravement l’image du chef du gouvernement. Ce chef du gouvernement décrit dans la Constitution comme étant l’homme qui conduit la politique de la nation et non celle d’un parti ou d’un groupe des partis.
 
Quatrième et dernier enseignement
 
L’absence du procureur général de la République et celle du premier président de la Cour suprême de Justice posent la question de l’indépendance du Pouvoir judiciaire. A tort ou à raison, ces deux hauts magistrats ont laissé l’impression que l’appareil judiciaire n’a jamais été qu’un appendice de la Présidence de la République.
 
Lundi 16 mars, un des pivots de tout régime qui se dit démocratique est parti en éclat. Il s’agit du principe de séparation des pouvoirs. Peut-on franchement parler de démocratie dans un pays où règne la concentration des trois pouvoirs entre les mains d’un seul homme ? Peut-on décemment parler de démocratie dans un système politique où l’opposition au gouvernement est privée d’espaces pour exprimer ses critiques ?
 
Quel genre de régime politique tente-t-on d’instaurer au Congo-Kinshasa ? Est-ce une «démocratie» affublée d’une opposition factice à l’image de l’Angola de José Edouardo dos Santos, de l’Ouganda de Yoweri Kaguta Museveni ou du Rwanda de Paul Kagame? Si tel est le cas, on assiste donc à une tentative de restauration de la dictature et du parti unique.
 
Les Congolais ont par conséquent un défi à relever. Il s’agit de démontrer à Joseph Kabila ainsi qu’à ses acolytes que le Congo-Zaïre a son Histoire. Une Histoire qui n’a rien avoir avec les réalités socio-politiques en Angola, en Ouganda et au Rwanda.
 
B. Amba Wetshi
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Mis en ligne par Beni-Lubero Online
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