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Urgent: le Nord et le Sud-Kivu cherchent candidat président, pour la paix

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Assassinats au quotidien, déplacements forcés des populations, viols massifs, trafics de tout genre, corruption, impunité des forces armées et autres autorités, les congolais du Nord et du Sud-Kivu n’en peuvent plus. C’est pourquoi, ils appellent de tous leurs vœux, à un changement rapide d’autorités au sommet de l’Etat Congolais. N’eût été la présence des forces étrangères sur le sol congolais, qui perpètrent des massacres et qui peuvent tirer dans les foules sans pitié, le syndrome tuniso-egyptien serait envisageable en RDCongo. Car aujourd’hui, les congolais du grand Kivu ont le sentiment que la RDCongo n’est plus dirigée. La violence a atteint un niveau inadmissible que certains vont jusqu’à dire que, même la jungle serait mieux gérée que la patrie chère à Lumumba. Plus graves encore, les autorités locales ne réagissent pas. Pourquoi? Il leur serait interdit de parler de l’insécurité qui prévaut à l’Est de la RDCongo. Paroles de député. Par qui? Par le régime de Kinshasa, répondent-elles en privé. Révoltant. On peut se demander si ces prétendues autorités méritent encore cette appellation quand elles ne peuvent plus défendre les intérêts de la population. Le mot d’ordre de Kinshasa serait donc, silence on tue, on occupe et on pille au Kivu. Face à cette situation, la population est obligée de se prendre en charge pour assurer sa propre sécurité. Et toutes les conditions sont réunies pour l’éclosion des milices armées avec une raison justifiée. La légitime défense contre ceux qui sont supposés protéger les citoyens et leurs biens. Quand il n’ y a pas d’Etat, la communauté locale reste l’unique pourvoyeuse de la sécurité. 

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Barricade d’une rue surplombée d’une croix au quartier Mavono /Butembo au lendemain de l’Assassinat de Mr Kambale Katsunga (45 ans) le 13/02/2011)

Les raisons de l’insécurité 

On ne le dira jamais assez. La situation qui prévaut à l’Est de la R.D.Congo tient principalement à la faiblesse de l’Etat congolais et des autorités qui le dirigent. Il convient de souligner principalement le fait que toutes les autorités de la RDCongo, en commençant par le chef de l’Etat lui-même, doivent leur pouvoir aux dirigeants des Etats voisins. Notamment le Rwanda et l’Ouganda dont les officiers en mission en RDCongo, jouissent d’une impunité révoltante. Car, à en croire les victimes et autres témoins locaux, si la situation perdure dans cette partie de la République, c’est parce qu’elle est l’œuvre des supplétifs de l’armée Rwandaise qui se cachent sous le manteau du CNDP(Conseil national pour la Défense du Peuple). Une création de Kagame, dirigée à l’époque par Nkundabatware. Un prétendu général congolais qui vit librement à Kigali et que Kagame ne veut pas extrader en RDCongo. On ne sait pour quelle raison. Selon Kabila, c’est pour préserver la paix. On la connaît pas à Butembo, Beni, Masisi, Kiwanja, etc. Une situation qui au fil des jours a fini par apporter de l’eau au moulin de ceux qui ont toujours douté de la nationalité de ces généraux issus du CNDP. Bien plus, l’actualité ne cesse de fournir des éléments qui confortent cette position. L’aéronef immatriculé aux USA, en provenance du Nigéria, cloué à l’aéroport de Goma par ce qui reste des courageux agents des services de renseignements congolais, devait servir à un important trafic d’or. Car, transportant à son bord, plus de six millions de dollars. Cet avion aurait atterri avec la complicité du tristement célèbre général Bosco Ntaganda, qui a remplacé Nkundabatware à la tête du CNDP. On peut imaginer l’issue de cette affaire sordide, tant l’impunité à la tête de l’Etat congolais est le maître mot. A l’extrême nord de la RDCongo, les généraux ougandais continuent à régner en maîtres des lieux . Ils veillent sur l’exploitation du pétrole et d’autres minerais en Ituri. Malheureusement avec la complicité de certains congolais. Ce que l’on ne dit pas à haute voix, c’est que cet état des choses se justifie par le fait qu’il y a une facture à payer aux faiseurs des rois qui règnent à Kampala et à Kigali. Elle daterait de la guerre de libération de 1996-1997. Facture non évaluée, mais qui reposerait sur des accords dont le contenu est seulement connu de Kabila Joseph et du Général Numbi John. Il en a achevé la négociation à Goma au détriment des populations du Kivu. Heureusement que tout apparaît au grand jour à travers les dommages causés au peuple congolais du Kivu. Par la cinquième colonne des armées rwandaise et ougandaise.

Pour rappel, le déploiement de l’armée rwandaise en RDCongo fin 2008, restera un précédent politique important, qui opposera pour longtemps encore les katangais aux Kivutiens. Cela peut paraître paradoxal que ce soient des Katangais qui aient signé des accords d’occupation du territoire congolais. Quand on sait que le démon de la sécession a laissé sa queue au Katanga. Les congolais ont encore en mémoire, la chasse aux ressortissants des deux Kasaï qui travaillaient dans les mines du Shaba. Orchestrée par le leader de l’UFERI de l’époque,le tout puissant gouverneur du Katanga sous Mobutu, Gabriel Kyungu wa Kumwanza. Dont le discours ne manquait pas des relents xénophobes du genre « katanga yetu » en swahili(notre katanga). Ce dernier n’hésitait pas de qualifier de « bilulu« (les insectes), ces malheureux ressortissants du kasaï qui s’entassaient dans des gares pour attendre le train de retour. Pour rappel, Numbi John, actuel général « suspendu » à cause de l’affaire Chebeya, était le responsable de la JUFERI(Jeunesse de l’Union des fédéralistes et républicains Indépendants). 

Responsabilités partagées 

A tout prendre, la responsabilité incombe certes à Kabila Joseph et à sa cour. Mais aussi aux leaders politiques ressortissants du grand Kivu qui se complaisent pour la plupart à flatter Kabila qui obtient leur silence contre une poignée de dollars. Pour tout dire, ceux qui se font passer pour des leaders du Kivu refusent de regarder la vérité en face. Ils se comportent comme des « imbéciles » face au sage qui, lorsqu’il montre la lune, ils regardent son doigt. A ce propos, quel citoyen opprimé, qui souffre des affres de l’insécurité peut se satisfaire de la réponse de son député qui lui répond qu’il lui est interdit par son parti, fut-il présidentiel, de dénoncer l’insécurité qui prévaut dans sa circonscription électorale? Aucun. Et surtout pas les populations martyres du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Elles sont prêtes à voter pour quelqu’un d’autre. Kabila a montré ses limites et surtout pour qui il travaille. L’alliance AMP-CNDP a fini par convaincre tous ceux qui pouvaient encore douter et a contredit tous ceux qui faisaient croire que Kabila Joseph travaillait pour la RDCongo. Sans oublier la dernière révision de la constitution en sa faveur. Pour l’élection à un tour, obtenue le 15 janvier dernier contre la corruption des députés réunis en congrès. Au mépris de la population congolaise. Il convient de rappeler ici que tout ce qui est légal n’est pas nécessairement légitime. D’ailleurs pour montrer combien Kabila se moque de ces députés, certains en sont encore à constituer des délégations pour aller revendiquer le versement de leur part de corruption. Tant ils n’auraient pas encore touché leur argent sale. La plupart ayant voté sur promesse d’être rémunérés après le vote. Et la somme dont on parle dans les couloirs du Palais du peuple de Kinshasa serait ridicule. A en croire les milieux proches du dossier. La somme par député ne dépasserait pas les 20 milles dollars. S’il faut faire part ici de la déception des électeurs du Kivu, tous ces éléments devraient permettre de voter avec attention lors des prochaines élections présidentielles. 

Pour qui et pour quel projet de société faudra-t-il voter en novembre 2011, si les élections ont lieu? 

De l’Union du Peuple Congolais de Vital Kamerhe(UNC), en passant par l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social) de Tshisekedi jusqu’au MLC(Mouvement pour la Libération du Congo) de Jean Pierre Bemba(en prison à la Haye), les avis sont encore partagés. Si l’UNC bénéficie de la virginité politique par sa nouveauté sur la scène politique congolaise, ce parti peut souffrir pour certains, de la responsabilité de son leader dans l’élection de Kabila. D’autres congolais en sont encore à se demander si Kamerhe s’est véritablement affranchi de l’ombre de Kabila. Malgré son « discours de vérité » et ses fracassantes sorties dans les médias. Lui qui avait écrit un livre intitulé: » pourquoi j’ai choisi Kabila ». Les observateurs éprouvés sont même tentés de penser qu’il peut s’afficher opposant le jour et continuer à rencontrer Kabila Joseph la nuit. L’expérience du tandem Mobutu-Tshisekedi est encore frais dans les mémoires. L’un n’existait politiquement que grâce à l’autre. Pour la consommation extérieure et s’inscrire dans l’ambiance démocratique. Mais moyennant une certaine protection, doublée des rémunérations occultes et nocturnes. Les partis politiques n’étant pas officiellement financés en RDCongo. D’autres encore reprochent à Kamerhe, ses alliances contre nature et mal expliquées. Telle est celle avec l’UPC de Thomas Lubanga, un autre bagnard de La Haye. Dont on sait qu’il a bénéficié des soutiens affichés de Kigali pendant sa rebéllion. Les doutes pourront-ils se dissiper au cours de la campagne? Les électeurs trancheront dans les urnes, pour lui obtenir l’absolution. Ce qui est vrai, c’est que jusque là, entre Kabila et Kamerhe, le second constitue le moindre mal et aurait les faveurs des pronostics. Surtout dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Maniema.

Les inconnus demeurent certes les cas Tshisekedi et Bemba. Si le premier est très affaibli par la maladie et le poids de l’âge, mais aussi par les divisions au sein de son parti par l’aile Beltchika, le MLC est fragilisé par l’incarcération de son leader à La Haye. Les deux partis bénéficient certes d’une popularité relative dans la capitale bien que le PALU n’a pas encore dit son dernier mot. Sa faiblesse est d’avoir dirigé le pays timidement avec Kabila et ne compte aucune action d’éclat à son actif. A en croire Tshisekedi, le Palu Muzito est le seul à savoir qu’il est premier ministre de la RDCongo. Tant on ne l’entend jamais à la manière de son mentor Gizenga. Mais alors, avec l’élection à un tour, l’opposition a intérêt à fédérer ses forces au sein d’une union sacrée. Elle devra se mettre d’accord pour présenter un candidat unique contre Kabila Joseph. Ceci dit, il faudra aussi un projet de société que le PPRD de Kabila n’a jamais défini. Si ce n’est les 5 chantiers dont il est seul à connaître le contenu. Autrement, les congolais ont besoin de voir leurs aspirations trouver des réponses à travers un certain nombre d’exigences. Notamment: la restauration de l’autorité de l’Etat à travers la mise en place d’une armée et d’une police véritablement nationales. Disciplinées, mieux formées et bien payées. Capables de défendre l’intégrité et la sécurité du territoire. Afin d’assurer une paix durable. En second lieu, il faudra très rapidement, instaurer un dialogue franc avec les pays voisins. Cette relation devra être fondée sur l’égalité dans la partenariat et non la subordination actuelle qui a tendance à tourner à la soumission. En outre, la bonne gouvernance basée sur la redistribution équitable des revenus devra être la règle. Elle devra se traduira par le paiement régulier des salaires en vue de relancer la consommation et par conséquent le prélèvement des impôts. Tout cela ne sera possible qu’avec la mise en place d’une fonction publique efficace, soumise à une discipline punitive. Sans oublier les secteurs prioritaires: la santé, l’énergie, les transports, la justice, l’éducation et surtout la formation professionnelle. La RDCongo a besoin d’une main d’œuvre qualifiée pour sa reconstruction. Or, en RDC, on compte beaucoup plus d’universités que d’écoles de formation professionnelle. Tous ces programmes demandent une sérieuse réhabilitation à travers d’importants investissements. Comment financer tous les éléments de ce projet? Il faudra réhabiliter le paiement de l’impôt. Fut-il symbolique pour les plus pauvres car il constitue la première richesse d’un Etat. Sa mobilisation peut être facilitée par le paiement de toutes les taxes aux guichets des banques afin d’éviter son détournement par des agents véreux. Enfin, il faudra revoir tous les contrats léonins signés par le gouvernement parallèle de Kabila Joseph. En leur appliquant la clause exorbitante de droit commun, manifestation de la puissance publique au service de l’intérêt général. Qui a jusque là été bafoué au profit des intérêts égoïstes. 

Mbusa Faustin

France

© Beni-Lubero Online

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