Villages désertés par les déplacés et occupés par les rebelles rwandais

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La question de deux millions des déplacés du Nord-Kivu que les gouvernants ne veulent pas aborder est l’indice par excellence de l’occupation progressive du Nord-Kivu. La diversion des chantiers de reconstruction n’a pas eu l’effet voulu, notamment celui d’embrasser le diable aux pieds d’argent ! Les fils et filles du Nord-Kivu ne sont pas dupes.
 
Depuis la conférence de Goma, cette occupation maquillée en développement s’est accélérée avec l’aide de la Monuc. L’accusation de la Monuc qui boit à toutes les sauces du conflit armé en R.D. Congo est fondée sur le texte de l’Accord de Goma. D’après l’accord de Goma, la Monuc s’était porté candidat pour occuper les zones abandonnées par les différents groupes armés qui accepteraient de se démobiliser pour rejoindre les centres de brassage. Aujourd’hui, de l’avis de tous les signataires de l’Accord de Goma, la Monuc qui dispose d’une force armée de plus 10 000 unités à l’Est de la R.D. Congo ne s’est jamais acquitté de cette responsabilité. Pour distraire l’opinion, ses responsables s’acharnent sur ses éléments qui ont violé une mineure par ici par la mais jamais de leur grave violation des consignes de la pacification du Nord-Kivu. En effet, toutes les positions abandonnées par les démobilisés, sont passées entre les mains des rebelles rwandais de Nkunda, quels que soient les différents faux noms qu’ils se donnent. Lors de notre dernier déplacement dans les deux territoires de Masisi et de Walikale, nous avons répertorié une liste des villages abandonnés par les déplacés de guerre et qui progressivement sont occupés par les rebelles rwandais.
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TERRITOIRE DE LUBERO :
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La Localité de Luofu-Kibirizi-Mbingi, une zone jadis contrôlée par les Mai-Mai du Commandant Jackson, aujourd’hui démobilisés et au brassage à Kisangani. Comme la Monuc ne l’a pas occupée comme prévu dans l’accord de Goma, cette zone de Luofu-Kibirizi-Mbingi est passée sous le contrôle des rebelles rwandais du RUD. Sans aucune surprise, cette zone abrite un camp de cantonnement des rebelles rwandais se disant prêts au rapatriement. 
 
TERRITOIRE DE MASISI :
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Mubonde, Bukombo, Kaghutu, Nyabiondo, Kaghanza, Kasopo, Mahanga, Luhando, Kalabahiro, Kashuno, etc.
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TERRITOIRE DE WALIKALE :
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Mutoyo, Groupement Walowayungu, Langira, Mubeya, Ntando, Kaylenge, Mutoyo, Shemakingi, Miria, Muiti, Yayua, Mutsiirwa, etc.
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Cette liste n’est pas exhaustive. Le fait que ni le gouvernement congolais ni la communauté internationale ne se préoccupe outre mesure du retour des déplacés dans leurs villages, est pour plusieurs analystes très inquiétant. Certaines grandes puissances qui soutiennent les rwandais dans leur occupation du Nord-Kivu préfèrent inaugurer des chantiers de développement, des séminaires de ceci ou de cela, sans se préoccuper de deux millions de déplacés qui constituent le thermomètre des dénouements de la crise. Cette situation connue de tous les congolais n’augure pas des lendemains meilleurs. A l’allure où vont les choses, ceux qui planifient l’occupation du Nord-Kivu se lancent sans aucun doute dans une longue aventure périlleuse comme celle d’Israël-Palestine, etc.
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Rigobert Kanduki
Goma
Beni-Lubero Online
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