Vrais/Faux affrontements entre militaires et mai-mai à Tongo (Nord-Kivu)

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L’absence totale de l’autorité de l’Etat congolais qui s’observe depuis le début de la transition à l’Est de la R.D. Congo au profit de la maffia rwandophone ne permet pas de qualifier avec certitude les affrontements qui s’y déroulent fréquemment faisant des victimes humaines et des dégâts matériels importants qui n’ont pas encore réussi à mobiliser le gouvernement congolais ainsi que la communauté internationale pour voir de près ce qui s’y passe afin d’y mettre de l’ordre.
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A l’actif de ce flou sécuritaire savamment entretenu pour des mobiles pas difficiles à imaginer, il convient d’attribuer les vrais ou faux affrontements qui se sont déroulés dans la localité de Tongo au Nord-Kivu le week-end dernier. En effet, les habitants de Tongo ont de nouveau pris le chemin de la forêt devant les bruits des armes du week-end passé dans leur localité. Pendant que tout le monde sait que le mai-mai Jackson n’est plus opérationnel dans la région et que ses troupes ont regagné les villages en attendant les résultats des élections, la radio Okapi a diffusé qu’il s’agissait d’un affrontement entre les mai-mai et les soldats de l’armée congolaise. Les déplacés disent avoir vu les éléments rebelles de Nkunda et les miliciens TPD de Serufuli faire jonction dans leur localité au début de la semaine passée. Ce que les radios appellent affrontements entre mai-mai et armée congolaise ne serait qu’une attaque contre la population civile de Tongo. D’après les déplacés, ce qui se passe à Tongo n’est pas une opération de routine mais une véritable guerre contre le Congo vu les moyens militaires y déployés, le va-et-vient des autorités rwandophones du Nord-Kivu et de certains commandants onusiens taxés à tort ou en raison de bras séculier de l’occupation militaire du Nord-Kivu. Les assaillants seraient de jeunes de moins de trente ans pour la plupart qui utiliseraient la méthode d’infiltration pour préparer leurs invasions des villages. Ces infiltrés-éclaireurs, garçons et filles, seraient en passe de s’installer à Sake, Rutshuru, Lubero, Butembo, Beni, etc. C’est là une version des pauvres déplacés qui racontent ce qu’ils ont entendu et vu. Mais quand est-ce que le peuple congolais aura la version du gouvernement congolais qui a la responsabilité de protéger les biens et les personnes contre ces razzias répétitives ? Qui mettra fin à ce mutisme complice de dirigeants dans cette nébuleuse sécuritaire devenue une véritable tour de Babel nord-kivutienne ?
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Ce qui se passe à Tongo devrait faire réfléchir tout congolais désireux de savoir pour quel candidat voter aux prochaines élections. Les congolais aimeraient voir les candidats présidents de la république, députés, gouverneurs de région, administrateurs de territoire, etc.… démontrer à la nation leur plan de restauration de l ‘autorité de l’Etat à l’est de la R.D.Congo au lieu de promettre des changements sans risque qui se feraient automatiquement par la magie de la communauté internationale. Les congolais du Nord-Kivu aimeraient voir ces candidats à Tongo, à Rutshuru, à Goma, à Kanyabayonga, ces lieux chauds où se joue ou se dessine à petits traits l’avenir de la R.D.Congo.
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Auparavant, les dirigeants congolais demandaient à la population de supporter les caprices de certaines composantes au dialogue pour permettre la tenue des élections démocratiques. Ce qui était déjà moralement insupportable. A la suite de l’appel des notabilités congolaises du Nord-Kivu, certains mai-mai se sont même partiellement démobilisés (cas de Jackson) pour donner une chance aux élections supposées mettre fin au pouvoir pris par les armes, un pouvoir qui répond au doigt et à l’œil des étrangers. Pris au dépourvu par l’engouement du peuple congolais pour aller aux élections et face à la démobilisation patriotique de vrais résistants mai-mai congolais, les rwandophones qui passent dans tous les sondages pour perdants aux prochaines élections ne tarissent pas d’imagination. Ils créent leurs propres milices pour leur faire jouer le rôle jadis dévolu aux mai-mai et créer ainsi un casus belli permanent. La stratégie de ces derniers est connue : Ces faux mai-mai recrutés à coups d’espèces trébuchantes, attaquent par des balles à l’air un poste de police d’une localité. Les policiers et militaires rwandophones plient bagages après avoir annoncé par la radio Okapi qu’ils sont attaqués par des résistants mai-mai. La fausse nouvelle est relayée par les autorités politiques et administratives de la Province qui dénoncent l’insécurité en faisant le Ponce Pilate et en demandant plus d’aide, plus d’armes au gouvernement de Kinshasa. Cette aide arrive pour renflouer les caisses de la guerre d’occupation. De leur fuite, les policiers et militaires rwandophones, annoncent une contre offensive pour reprendre la localité perdue. C’est pendant cette soi-disant contre offensive que la localité attaquée est pillée, détruite avec viol des femmes, liquidation des congolais en âge de se battre. Les assaillants disparaissent dans la nature jusqu’à la prochaine attaque d’une autre localité. Les victimes de l’attaque ne sont que des civils. Pour habiller l’histoire, certains cadavres sont habillés de tenues militaires pour faire croire au monde qu’il y a eu des pertes en vies humaines de tous les côtés. Certains civils sont identifiés comme assaillants. Des rapports bidons sont faits pour justifier les dépenses de ces opérations dites de maintien de l’ordre mais hélas cet argent rentre dans les poches des bourreaux du peuple congolais. Entretemps, dans le journal comptable du donateur, cet argent est libellé comme don remboursabel au peuple congolais. Une histoire de gros sous !
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Cette stratégie n’est pas seulement pratiquée au Nord-Kivu. Elle est pratiquée aussi au Sud-Kivu où ceux qu’on appelle FDLR, Interhamwe, Rastas, sont des Hutus et congolais utilisés comme label international connu pour traquer les congolais et poursuivre l’occupation du Congo. Dernièrement les vrais résistants congolais de Walungu ont arrêté des éléments de soi-disant FDLR avec des boîtes de conserve et des habits dans un sac portant le sceau de la mission onusienne au Congo. A quelques pas du lieu de cette arrestation, les résistants congolais de Walungu n’étaient pas étonnés d’apercevoir un contingent de la Monuc en patrouille. Il ne peut être autrement car comment expliquer que pendant trois ans de transition politique la coalition FARDC et soldats de la Monuc n’ait pas été en mesure de libérer définitivement un seul territoire du Congo ou tout au moins présenter un seul FDLR ou Rasta ou Mai-Mai devant un tribunal compétent… Il n’y a que ceux identifiés comme résistants congolais non encore corrompus qui continuent d’être recherché activement par cette coalition de la honte. Après la reddition volontaire de Gédéon du Katanga, il ne reste plus que Jackson du Nord-Kivu et 4 commandants du Sud-Kivu qui ne veulent pas décliner leurs identités pour raison d’efficacité. Ce qu’on appelle opération de sécurité à l’Est du Pays semble ainsi être une chasse à ces résistants congolais non encore corrompus et qui sont toujours prêts à libérer le Congo de l’occupation étrangère. La question que l’on se pose c’est de savoir pourquoi les rebelles Nkunda et Mutebusi n’ont jamais été recherchés activement par la coalition FARDC-Monuc ?
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Rigobert Kanduki,
Rutshuru, Nord-Kivu
Beni-Lubero Online

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